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mercredi 23 octobre 2013

Cet homme a réalisé une imprimante 3D à 100$




Kodjo Afate Gnikou a fabriqué une imprimante 3D en récupérant des composants de scanners, ordinateurs, imprimantes cassés. Coût du projet : 100 $.
Du coup, l'action est aussi écologique qu'économique. Vive le recyclage !



Vous pouvez encourager Kodjo en finançant le projet sur le site Ulule :




dimanche 20 octobre 2013

Comment lutter contre le greenwashing ?


Le Guide anti-greenwashing de l'ADEME donne des conseils d’évaluation à destination des entreprises et de leurs agences de communication. En évitant d’abuser de l’argument écologique en dehors des cas de réelle innovation, les entreprises aident les consommateurs à s’y retrouver et ne portent pas préjudices aux efforts des associations de protection de l’environnement et de consommateurs. Les campagnes de communication doivent éviter les écueils suivants :
  • La promesse excessive (par exemple, si seulement un composant d’un produit dit bio l’est), Ainsi, un vin ne peut pas être dit bio mais l'étiquette doit mentionner : vin obtenu à partir de raisins issus de l'agriculture biologique.
  • L’absence ou l’insuffisance d’information comme des expressions vagues (comme « Contribue à la protection de l’environnement par… » ou « Respectueux de la planète »), Pas sûr que les scientifiques soient d'accord pour dire que le 4x4 d'Audi protège réellement les bronches de bébé.
  • Des visuels confus (en rapport avec l’écologie ou le développement durable mais qui ne se justifie pas du fait du bénéfice produit) et les images trop suggestives (forêt, océan, champs… jouant un rôle pour vendre le produit), 
  • Les faux labels,
  • Les messages incitant au gaspillage («À ce prix, pourquoi faire attention à votre consommation de gaz ?) ou à la dégradation (par exemple, un 4x4 roulant en pleine nature). 
L’ADEME recommande 3 étapes à suivre pour éviter le greenwashing pour les annonceurs :

 Étape 1: j’évalue quelle est la qualité de mon produit ou service ou de ma démarche de développement durable,

 Étape 2: je vérifie que mon brief contient suffisamment d’informations pour que mon agence puisse faire son travail de conseil,

 Étape 3: je vérifie que le message réalisé par l’agence respecte les grands principes d’une communication responsable.

  2 étapes sont également préconisées aux agences de communication :

Étape 1 : je vérifie que je dispose de tous les éléments et informations utiles de mon client concernant la qualité écologique de son produit ou service ou de sa démarche de développement durable, afin que je puisse faire mon travail de conseil,

 Étape 2 : je vérifie que le message que je réalise pour mon client respecte les grands principes d’une communication responsable. Le message fort à retenir : transparence et cohérence. La transparence de l’information s’impose : les entreprises doivent être précises sur ce qui est bio et ce qui ne l’est pas, elles doivent nuancer leurs messages (par exemple, dire « respecte mieux l’environnement » plutôt que « respecte l’environnement »). C’est à ce prix que les marques gagneront la confiance des consommateurs.

Le Greenwashing : nouvel argument marketing


Greenwashingcard

Penchons-nous aujourd’hui sur le principe de greenwashing.

 Le greenwashing peut être défini comme le blanchiment de son image par une entreprise. 

Les entreprises qui y recourent orientent leurs actions de communication vers un positionnement écologique pour s’octroyer une image « verte ». Le greenwashing peut être littéralement traduit par « blanchiment écologique » ou « désinformation verte ».

L’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie) a publié fin Août un « Guide anti-greenwashing ». L’idée est de sensibiliser les professionnels de la communication (annonceurs et agences) sur les dérives du greenwashing, les risques de telles pratiques sur l’image de marque et de donner des conseils d’auto-évaluation des messages de communication.  Greenwashing et éthique ne font pas bon ménage.

Rappelez-vous le test de la souveraineté du consommateur : une action marketing est éthique si la capacité de jugement du consommateur n’est pas entravée, si le volume d’information disponible suffit à ne pas entrainer de décision biaisée et si le consommateur a une alternative. Or le fondement du greenwashing est l’exact contraire : l’argument écologique ou de développement durable est utilisé alors que l’intérêt du produit ou du service pour l’environnement est minime, voire inexistant. Le message a été élaboré dans le but d’induire le consommateur en erreur sur les valeurs environnementales ou durables d’un produit, d’un service ou d’une entreprise. 

Vu sur Internet, le commentaire d’une internaute à propos d’une grande marque de cosmétiques au positionnement végétal : « Bonjour, cela fait des années que j’utilise les produits XY., attirée que j’étais par l’argument « naturel », à ma dernière visite, la vendeuse me convainc d’essayer un masque, chose faite à la maison et, surprise par l’application agréable, je regarde la composition du produit, horreur, je lis des ingrédients rien moins que naturels avec juste un peu d’allantoîne au milieu de glycerol, vaseline et autres parabens. Je me sens flouée. » 

Quel intérêt pour les entreprises de ne pas céder aux sirènes du greenwashing ?

 Les consommateurs sont de plus en plus méfiants vis-à-vis actions de marketing. Ils sont sensibles aux scandales environnementaux, aux risques sur leur santé, aux alertes des ONG sur les risques écologiques. Par exemple, la campagne Au cœur de Fleur de Colza de Lesieur l'été dernier a fait parler d’elle cet été. La campagne mettait l’accent sur l’agriculture responsable et le positionnement « nature » de l’huile de colza. Entre autres pratiques de greenwashing, des allégations partielles concernant l’utilisation des pesticides dans la culture des champs de colza ont retenu notre attention. Au lieu de parler d’absence de pesticides, Lesieur explique : « nous savons quand il faut mettre des produits de protection ou des engrais et dans quelle quantité ». Le consommateur (qu’il ne faut pas prendre pour un imbécile) comprend donc : »
Ah OK, donc ils utilisent bien des pesticides en fait. Bon, mais ils sont bios ou pas en fait ? Je comprends pas bien. Ils se foutent de moi ? ». Effet raté donc ! Jouer sur l’ambivalence peut donc se retourner contre l’annonceur.Pour en savoir plus, un excellent article de décryptage à lire ici : http://www.consoglobe.com/la-campagne-huile-de-colza-de-lesieur-est-elle-du-greenwashing-cg

 Les consommateurs ont aussi accès à l’information rapidement grâce à Internet et se sont éduqués pour décrypter les listes d’ingrédients, les campagnes de pub dites « vertes ». Impossible pour les entreprises de ne plus être totalement transparentes et cohérentes.

 Pour preuve, un nouveau témoignage cliente trouvée sur le Web concernant Yves Rocher, explicitement positionnée comme une marque « naturelle » : « Yves Rocher sont très doués pour la manipulation, ils mettent l’accent sur des produits soi disant bio alors qu’il n’en est rien. Un exemple, je me suis achetée un « gommage marocain » pour le corps, j’avais pu voir un ovale qui ressemble à ceux ou l’on trouve le fameux sigle écocert, en tout petit il y avait écrit bio. De retour à la maison, j’inspecte le produit de plus près car tout neuf j’avais envie d’essayer. Là je m’aperçois que c’est uniquement l’un des composants qui est bio, l’huile d’argan. Ils ont mélangé avec toutes sortes de plastiques (billes gommantes, parabens, alcools, et j’en passe). Un bel exemple d’Yves Rocher dupant les clients. » 

Les entreprises qui ont recours au greenwashing se mettent en danger dans le sens où elles s’exposent à du buzz négatif. Les clients déçus n’hésiteront pas à crier à l’arnaque sur tous les médias possibles, soutenus et relayés par les associations de consommateurs et les organisations de défense de l’environnement. Une campagne de greenwashing a de grandes chances de se retourner contre l’annonceur : les gains procurés par les actions de communication à court terme ne seront pas compensés par une perte de chiffres d’affaires sur le long terme.