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vendredi 11 avril 2014

Amazon offre 5000$ pour inciter ses employés à partir

Le programme "Pay to quit" lancé par Jeff Bezos, le patron d'Amazon consiste à verser une somme de 5000$ à tout employé de ses entrepôts qui partirait volontairement.

C'est ce que révèle une lettre adressée aux actionnaires.
Le but de cette manœuvre, selon Jeff Bezos, est d'encourager les individus à réfléchir à ce qu'ils veulent vraiment. Un employé qui n'est pas épanoui dans son travail pénaliserait autant l'entreprise que lui-même.
Amazon a déjà expérimenté une telle offre. Le principe est d'échelonner la somme en fonction de l'ancienneté. Avec cette somme maxi de 5000$.

10% des employés ont accepté cette offre.
Jeff Bezos a affirmé que cette idée provenait de Zappos, racheté en 2009 par Amazon.

source



jeudi 30 janvier 2014

La réforme des retraites version 2014.


Le texte de la réforme des retraites a été publié le 21 janvier 2014 au Journal officiel.

Cette nouvelle réforme a pour ambition de récupérer jusqu’à sept milliards d’euros en usant de mesures diverses.

Panorama de la loi :
Parmi les nouveautés entérinées, la réforme prévoit un allongement de la durée de cotisation : un  trimestre tous les trois ans pour atteindre 43 ans (soit 172 trimestres) en 2035 .
A ce jour, l’âge légal de départ à la retraite reste fixé à 62 ans.
Pour partir en retraite, il faudra être en mesure de valider :
- 167 trimestres (41 ans et 3 trimestres), pour les assurés nés entre le 1er janvier 1958 et le 31 décembre 1960
- 168 trimestres (42 ans), pour les assurés nés entre le 1er janvier 1961 et le 31 décembre 1963
- 169 trimestres (42 ans et 1 trimestre), pour les assurés nés entre le 1er janvier 1964 et le 31 décembre 1966
- 170 trimestres (42 ans et 2 trimestres), pour les assurés nés entre le 1er janvier 1967 et le 31 décembre 1969
- 171 trimestres (42 ans et 3 trimestres), pour les assurés nés entre le 1er janvier 1970 et le 31 décembre 1972
- 172 trimestres (43 ans), pour les assurés nés à partir du 1er janvier 1973

La loi crée également un compte personnel de prévention de la pénibilité. Ce dernier doit  permettre aux salariés exerçant un métier considéré comme pénible de se reconvertir ou de partir plus tôt à la retraite en prenant en compte les périodes d’exposition à un ou plusieurs facteurs de pénibilité et les droits acquis à ce titre.
 Le compte pourra être utilisé pour :
une action de formation professionnelle
un passage à temps partiel sans baisse de rémunération
un départ anticipé à la retraite

Sont également prévues :
- la revalorisation des pensions le 1er octobre à la place du 1er avril actuellement
- la prise en compte des périodes d’apprentissage 
- la mise en place pour les exploitants agricoles d’une garantie de pension équivalente à 75% du Smic, d’ici à 2017
- une hausse des cotisations vieillesse salariales et patronales de  + 0,15 point en 2014 puis + 0,05 point par an jusqu’en 2017
- la prise en compte intégrale des périodes de congé maternité 
- une nouvelle validation du  trimestre pour lequel il suffira d’avoir perçu l’équivalent de 150 fois le Smic horaire dans l’année au lieu de 200 fois actuellement
- la prise en compte  des périodes de formation professionnelle des chômeurs 
- la révision des conditions de départ en retraite anticipée pour les personnes en situation de handicap

Pour faire le point sur votre retraite, une seule adresse :
L’assurance-retraite

Pour en savoir plus sur la réforme, consultez les sources officielles :
Légifrance

Vie-publique.fr

Site gouvernemental sur la réforme
http://www.social-sante.gouv.fr/reforme-des-retraites,2780/

Par Sandrine Virbel
Retrouvez Sandrine sur Twitter.

dimanche 19 janvier 2014

Employeurs, n’oubliez pas la mise en place de la base de données économiques et sociales!

C’était l’une des mesures inscrites dans la loi de sécurisation de l’emploi.

Le contenu de la base de données économiques et sociales unique a été fixé par décret.

Sa mise en place, obligatoire, est du ressort de l’employeur d’ici au :

  • 14 juin 2014 pour les entreprises ayant un effectif d’au moins 300 salariés
  • 14 juin 2015 pour les entreprises ayant un effectif de moins de 300 salariés
L’employeur est libre de choisir le format de la base de données : sous forme papier ou numérique.

Pourquoi et comment ?
Accessible en permanence au Comité d’Entreprise (aux délégués du personnel à défaut), au CHSCT comme aux délégués syndicaux, elle doit permettre une meilleure information des instances sur la situation de l’entreprise.

Son contenu diffère également selon l’effectif de l’entreprise mais elle a, dans tous les cas, pour but de centraliser et de mettre à disposition du CE les informations nécessaires à la consultation sur les orientations stratégiques de l'entreprise en plus des informations communiquées de façon récurrente mais aussi d’avoir une vision claire et globale de la formation et de la répartition de la valeur créée par l'activité de l'entreprise.


Le contenu attendu est précis. Il est fixé par le Décret n° 2013-1305 du 27 décembre 2013 relatif à la base de données économiques et sociales et aux délais de consultation du comité d'entreprise et d'expertise.

Les nombreuses informations devant figurer dans la base de données y sont très clairement détaillées :




Et après la mise en place ?

L’employeur a obligation d’actualiser la base régulièrement et d’informer les instances de la mise à jour des documents et des données.


L’année de la mise en place de la base de données, l’employeur ne fera figurer que les données de l’année en cours. Par la suite, il y fera figurer toutes les informations relatives aux deux années précédentes en plus de l’année en cours et les mesures prospectives sur les 3 années à venir.

A la date limite du 31 décembre 2016, tous les rapports et informations transmis au CE de façon récurrente devront être accessibles dans la base.

Une stricte confidentialité des données sera de mise au regard de leur aspect sensible…

On ne peut que conseiller à l’employeur d’indiquer à ses interlocuteurs quelles données sont couvertes par la confidentialité et pour quelle période.

Attention, les rapports concernant des évènements ponctuels continueront d’être envoyés pour en assurer la bonne communication !


Source officielle :

LEGIFRANCE 

Par Sandrine Virbel (twitter)

jeudi 9 janvier 2014

2014 : les habits neufs de la formation professionnelle

Le 14 décembre 2013, la négociation sur la formation professionnelle a abouti sur un projet d'accord entre les syndicats et le patronat.
L’Accord National Interprofessionnel relatif à la formation professionnelle du 14 décembre 2013, né de cette négociation, est depuis ouvert à la signature des différentes parties.
Salariés, employeurs, voici les grandes nouveautés à en attendre…


Le compte personnel de formation (CPF) est créé.

Le compte personnel de formation sera attaché à l’individu.
Il sera opérationnel dès le 1er janvier 2015.
Un changement d’emploi ou une période de chômage n’entraînera plus la perte des droits qui seront ainsi conservés tout au long de la vie professionnelle.


L’actuel DIF et le DIF portable seront supprimés.

Tous les salariés bénéficieront d'un nombre d'heures capitalisées comme suit :

- 20 heures par an pendant les 6 premières années.
- 10 heures par an pendant les 3 années suivantes.


Ces heures s’entendent pour un salarié en CDI à temps plein, elles seront proratisées pour les salariés à temps partiel.
Le salarié pourra mobiliser son CPF, à sa propre initiative, sans autorisation de l'employeur mais il devra tout de même formuler sa demande. La formation pourra être réalisée pendant le temps de travail ou en dehors. Les formations dont pourront bénéficier les salariés dans le cadre du CPF seront des formations qualifiantes.


Un entretien professionnel est instauré.

Tous les salariés, dans toutes les entreprises, bénéficieront d'un entretien professionnel.
Programmé au minimum tous les 2 ans, celui-ci ne doit pas être confondu avec l'entretien d'évaluation. La finalité de cet entretien est de placer le salarié en tant qu’acteur à part entière de son évolution professionnelle.

Tous les 6 ans, le salarié et son employeur établiront un bilan spécifique et récapitulatif du parcours professionnel dans l'entreprise. Ce bilan dressera la liste des entretiens réalisés, des actions de formation effectivement suivies mais reviendra également sur l’évolution salariale ou professionnelle.

Sur cette période de 6 années, si le salarié n’a pas bénéficié d’au moins 3 éléments déterminés par l’ANI du 14 décembre 2013 - réalisation des entretiens tous les 2 ans, actions de formations, évolution salariale et/ou professionnelle… - les entreprises de 50 salariés et plus seront tenues à un abondement correctif du compte personnel de formation de 100 heures.

L’entretien professionnel remplacera plusieurs entretiens actuellement prévus par la loi comme l’entretien à l’issue d’un congé maternité, l'entretien professionnel pour tout salarié ayant au moins 2 années d'activité dans une même entreprise ou encore le bilan d'étape professionnel.


Une nouveauté : le conseil en évolution professionnelle.

Tous les salariés pourront bénéficier d'un conseil en évolution professionnelle et ce, tout au long de leur vie active. Le conseil aidera le salarié à mieux identifier ses aptitudes ou ses compétences professionnelles et aura également vocation à le guider dans son orientation professionnelle.
Ce service sera gratuit. Voulu comme un service de proximité, il sera mis en place localement.



Le projet de loi issu de cet ANI sera présenté en Conseil des ministres le 22 janvier 2014.


Par Sandrine Virbel. 




vendredi 3 janvier 2014

La RSE, levier de compétitivité et de développement.


Tic éthique ?

Qu’on la nomme Responsabilité sociétale des entreprises ou Responsabilité sociale des entreprises, la RSE est devenue la dernière marotte du monde du travail.

Des prémices des années 60/70 à aujourd’hui.

La RSE n’est pas une idée nouvelle puisqu’on en trouve déjà l’existence dans les années 60/70, époque où des économistes américains réfléchissaient à l’opportunité d’inclure la question sociale ou sociétale dans les efforts d’évolution et de pérennisation des entreprises.
Il faudra pourtant attendre les années 90 pour que la simple idée se transforme en fait et que l’observateur voit la prise en compte de la RSE notamment pour répondre aux questions de discrimination en entreprise, de défi de la diversité, de gestion des risques induits par l’activité, d’instauration de la parité…
La pression du cadre juridique et des organisations vouées à la défense du respect humain ou de l’environnement ont probablement accentuées le mouvement, on se souviendra utilement de la vindicte qui s’était abattue sur Nike suite à la mise en avant des conditions de travail entourant la fabrication de ses produits…

En France, le premier coup de semonce  éclatera en 2001 avec la loi sur les nouvelles régulations économiques (loi NRE). Cette loi sera la première à  imposer aux sociétés cotées en bourse à présenter les informations relatives aux conséquences sociales et environnementales de leurs activités…
Moins de 10 années après, les grandes entreprises auront intégré définitivement la RSE et l’introduiront dans leur rapport annuel et leur communication. Une norme internationale sera d’ailleurs dédiée à la RSE : la norme ISO 26 000. 
Droits de l’homme, normes du travail, environnement,  lutte contre la corruption auront désormais droit de citer dans la gouvernance des entreprises.

La RSE, pour les grands et les petits…

Faut-il y voir les effets des crises économiques qui ont secouées l’Europe conjuguées aux soubresauts d’un marché de l'emploi maladif et au besoin vital de compétitivité des entreprises ? 
Après les grandes entreprises, les PME se penchent sur la RSE et la transforme en atout compétitif. La mise en place est facilitée par la taille des entreprises aux effectifs plus modestes, ces dernières se montrant plus réactives et plus enclines à intégrer rapidement la démarche dans leurs services.
Les PME sont les structures les plus pourvoyeuses d’emploi et d’opportunités de carrière. Encore faut-il qu’outre leurs résultats économiques, elles présentent un avantage concurrentiel face aux grandes structures pour attirer des nouveaux talents. Il semble qu’une RSE bien pensée, aux implications réelles et une communication efficace permettent aux PME de tirer leur épingle du jeu…

Pour les petites comme pour les grandes entreprises, l’intérêt ne réside pas dans le simple fait d’une politique RSE « sur le papier ». 
Les candidats à un nouvel emploi se montrent de plus en plus sensibles à la dimension éthique de leur futur employeur que ce soit dans la sphère environnementale ou citoyenne. Etre une entreprise socialement responsable est un critère pour se vendre auprès des futurs salariés comme des clients…
De fait, les entreprises s’évertuent à prouver leur réel engagement par des preuves concrètes en signant des conventions, en mettant des chartes en place ou en obtenant des labels divers…

La RSE, atout de la RH  et de la marque employeur!

Une bonne démarche RSE s’inscrit dans  trois domaines : 
le respect de l’environnement 
les aspects économiques et de gouvernance 
un volet social et sociétal. 
C’est dans ce dernier point que les Ressources Humaines gagnent une nouvelle légitimité dans leur rôle pour la compétitivité.
Bien-être en entreprise, égalité professionnelle et diversité,  développement des compétences, accès à l’emploi des jeunes et des seniors, insertion des personnes  handicapées, autant de sujets amenés à prendre une importance croissante dans les entreprises et qui démontrent avec force que la nouvelle orientation de la RH se fera dans le sillage de la RSE.
En s’emparant des sujets inclus dans le volet social et sociétal par le biais de la RH et de la RSE, l’entreprise réalise également une avancée décisive dans la promotion de sa marque employeur.

L’engagement citoyen de la structure et de ses salariés débordent du cadre de l’entreprise et s’inscrit dans  les sphères plus générales de la société en exposant et proposant leurs pratiques de lutte contre les discriminations, de promotion de  la parité et de la diversité ou encore des diminutions des nuisances…

L’entreprise se préoccupe des attentes de la société civile en matière de respect de l’environnement ou de l’humain et s’adresse tout autant à ses clients internes qu’externe : salariés et citoyens !

Compétitivité, évolution économique, adhésion des salariés à une éthique commune, image préservée à l’extérieur, une RSE assumée se pose comme une opportunité sans égale pour la dynamique des entreprises et le retour en grâce dans un contexte porté à la suspicion générale.

Source officielle :


Par Sandrine Virbel. 




vendredi 27 décembre 2013

Le point sur le congé maternité et paternité en entreprise


Ce matin, Madame  Natalité débarque dans votre bureau le rose aux joues et une layette dépassant du sac à main.
Pas besoin d’être devin pour deviner qu’elle vient vous annoncer un heureux événement.

Après les félicitations d’usage vous vous demandez comment  vous allez gérer cette situation au quotidien…

Car Madame Natalité va s’absenter…


  
Durée du congé de Madame  Natalité :

La salariée enceinte bénéficie d'un congé de maternité  rémunéré durant la période qui se situe autour de la date présumée de son accouchement. Sa durée est variable et peut être augmentée si nécessaire.

Sauf si votre convention collective est  plus favorable, la durée du congé de maternité est fixée par la loi.

Elle varie en fonction du nombre d'enfants à naître et si un seul enfant est attendu,  du nombre d'enfants déjà à charge.




Madame Natalité peut choisir d'écourter son congé maternité.

Mais attention, si elle veut continuer d’être indemnisée, elle doit obligatoirement cesser son travail pendant au minimum 8 semaines, dont 6 semaines après l'accouchement.


Madame Natalité peut également – après avis favorable du médecin la suivant – demander à reporter  une partie de son congé prénatal après l'accouchement. La limite est fixée à 3 semaines.
Son congé postnatal sera donc augmenté de 3 semaines maximum.



Le congé de paternité… la parité autour du berceau.

Mais au fait, maintenant que vous y pensez, Monsieur Natalité fait aussi partie de vos effectifs !

Il aura droit lui aussi à un congé rémunéré ! 

Pour en bénéficier, il devra vous avertir – par écrit de préférence - de son désir de bénéficier du congé au moins un mois avant la date du début de celui-ci et vous préciser sa date de fin.
Le congé doit débuter dans les 4 mois qui suivent la naissance de l'enfant, mais rien ne l’empêche de  se poursuivre au-delà des 4 mois de l'enfant.

La durée du congé de paternité est fixée comme suit :

11 jours calendaires (tous les jours comptent y compris samedi, dimanche, jour férié)  consécutifs pour une naissance unique.


18 jours calendaires consécutifs pour des naissances multiples.


Monsieur Natalité peut prendre moins de 11 jours de congé ou moins de 18 jours de congé le cas échéant  s'il le désire.


Il lui est également possible de choisir d’accoler ou non à cette période le congé de naissance de 3 jours.  



Coté employeur, la question du remplacement de la salariée en congé maternité.

Si le remplacement du congé paternité ne pose a priori pas de problème, il  en va autrement de la prise en compte du congé maternité.

S’agissant d’une absence longue, l’employeur doit songer, dès qu’il a connaissance du départ de sa salariée,  à la façon dont les tâches qui lui sont assignées  vont être accomplies.


L’employeur a le choix entre plusieurs options :

La ventilation des tâches vers d’autres salariés
La conclusion d’un CDD
Le recours au travail temporaire
Le recours à la sous-traitance

Il s’agit de solutions temporaires par définition puisque la salariée reviendra prendre son poste.


L’avantage indéniable de la conclusion d’un CDD et du recours au travail temporaire est la possibilité de conclure un contrat  avant le départ de la salariée enceinte ce qui offre un confort et une sécurité supplémentaires pour la bonne continuation du poste et la transmission des tâches.


Si l’employeur opte pour un CDD, il s’agira donc d’un motif de remplacement. 

Mais que choisir ?

Un CDD à terme précis (de date à date) ou un CDD  à terme imprécis (jusqu’au retour de la salariée absente) ?
La plus grande rigueur et la plus grande prudence sont de mises dans la conclusion des CDD qui sont régis très strictement par la loi et pour lesquels il y a toujours – en cas d’erreur- un grand risque de requalification du CDD en CDI. 

Si l’employeur opte pour un CDD à terme précis, il inscrit au contrat la date de début et la date de fin du remplacement. Si besoin, il peut conclure un nouveau contrat de remplacement avec le même salarié et pour le même motif ou arrêter le contrat à la date prévue initialement sans être dans une situation illégale.

Si l’employeur opte pour un CDD à terme imprécis, il inscrit au contrat la date de début mais pas de date de fin. Celle-ci sera conditionnée par le retour de la salariée absente. Cela signifie bien que le contrat se poursuivra tant que la salariée ne sera pas revenue y compris si à la suite de son congé maternité, elle opte pour un congé parental (pouvant aller jusqu'aux 3 ans de l'enfant…).  L’employeur prendra donc toutes les précautions pour bien formuler le motif de remplacement. 

En effet, si l'employeur précise dans le motif du contrat qu’il est conclu pour la durée du congé maternité de la salariée absente, ce contrat pourra se terminer dès la fin du congé maternité. Y compris si l'absence de la salariée se poursuit pour tout autre motif (congé parental etc).



Madame Natalité revient…accueillez-là !

Madame Natalité vient de finir son  congé maternité et elle rejoint l’entreprise.

N’oubliez pas que dans ce cas, elle doit retrouver son emploi précédent ou un emploi similaire assorti d'une rémunération au moins équivalente. 

Si les salariés relevant de la même catégorie professionnelle que Madame Natalité ont bénéficié d’une  augmentation de leur rémunération, que celle-ci ait été versée ou décidée pendant la durée du congé, la salariée aura droit  à la même augmentation à son retour. A défaut, cela s’apparente à de la discrimination…

Egalement, n’omettez pas son droit à un entretien avec l’employeur en vue de son orientation professionnelle

Cet entretien a pour objectif de permettre  à la salariée d'élaborer un projet professionnel en partant de ses souhaits d'évolution dans l'entreprise et  de ses aptitudes  au regard de la situation de l'entreprise. Il permet également de considérer l’opportunité de mettre en place  une période de professionnalisation à laquelle peut prétendre la salariée.

Madame Natalité bénéficie en outre d’un droit à une action de formation professionnelle qui prend tout son sens en cas de changement de techniques ou de méthodes de travail tout comme elle peut demander de plein droit à bénéficier d’un bilan de compétences …

Enfin, n’oubliez pas la visite de reprise à la Médecine du Travail…


Outils pratiques :

Simulateur d’indemnités journalières.




Simulateur qui prend en compte les stipulations des conventions collectives et calcule les durées prévisibles en matière de maternité.


Modèle de lettre de demande de congé paternité. 

Source officielle :

Par Sandrine Virbel. 




jeudi 19 décembre 2013

Splendeurs et misères de l’évaluation professionnelle et des systèmes de rémunération : benchmark et forced ranking, les fausses bonnes idées.


Loin de moi, l’idée de fustiger l’évaluation des salariés en entreprise !
Faire le point et porter un regard objectif sur les compétences professionnelles me semblent être une façon de formaliser l’évolution d’un salarié et, le cas échéant, de se poser des questions si l’évaluation n’est pas celle attendue. Défaut de management ? Politique du flou en matière d’objectif ? Défaillance du salarié ? Tous les cas sont possibles et autant détecter au plus tôt ce qui laisse à désirer plutôt que de risquer de laisser une situation produire des effets délétères…

Si les systèmes d’évaluation doivent  se montrer « pertinents au regard de la finalité poursuivie, c’est-à-dire, l’appréciation des compétences professionnelles du salarié », les critères d’évaluation doivent être «  objectifs, transparents et présenter un lien direct et nécessaire avec l’emploi occupé ».
La loi se montre limpide sur ces aspects -  article L.1222-3 du code du travail – étayée par  plusieurs jurisprudences.
Profitons pour rappeler ici que la mise en œuvre d’un système d’évaluation  nécessite sa  soumission préalable à la consultation des représentants du personnel, dont le CHSCT (article L.4612-8 du code du travail).

Ceci étant rappelé, 2 méthodes d’évaluations ont défrayé la chronique et donné lieu à des jugements retentissants : le benchmark et le forced ranking.

Le benchmark  ou la mesure de la performance.

Le 4 septembre 2012, le Tribunal de Grande Instance  de Lyon a interdit la pratique du benchmark à la Caisse d’Epargne Rhône-Alpes Sud.
Le motif de cette interdiction – assortie d’une amende de 10 000 euros – étant que cette  pratique n’est pas sans conséquence sur la santé mentale des salariés, créant un stress intense et une ambiance franchement dégradée. 
En quelques mots,  le benchmark est un système de gestion des performances de travail. Il consiste en la mise en concurrence permanente, en continu,   des  salariés et, dans le cas de la Caisse d’Epargne,  d’une mise en concurrence permanente  des salariés des différentes agences de la banque. De plus, la part variable des rémunérations est calculée par rapport aux performances des salariés. En clair, un salarié présentant des résultats moins performants au sein de son agence pénalise ses collègues. 
On jugera de l’ambiance autour de la machine à café…
Le seul mot d’ordre est donc « faire mieux que les autres ! ». 
Exit les objectifs clairement définis !
Ce qui s’est traduit à la Caisse d’Epargne Rhône-Alpes Sud pendant 5 années par la mise en concurrence et par l’analyse quotidienne des résultats des agences mais aussi par l’évaluation permanente de la performance de chaque employé.
En soi, la recherche du résultat n’est pas mauvaise pour une entreprise,   loin de là ! 
Mais quid des salariés qui ne rentrent pas dans une logique du « toujours plus », de la performance à outrance  et d’une certaine fuite éperdue en avant ?

Le problème du benchmark ne réside pas  nécessairement dans son système en lui-même mais bien dans son omission du facteur de  la santé au travail et notamment de celui des risques psychosociaux.
Enfin, on se posera la question de la valeur  humaine d’une entreprise qui ne propose pas d’autres objectifs à ses salariés que de se dépasser sans cesse les uns les autres…
« Esprit d’équipe,  es-tu encore là ? »

Le forced ranking : dans des petites cases à tout prix !

Le cas du forced ranking est diffèrent même si ses effets sont semblables à celui du benchmark.
Il s’agit d’un système qui consiste à classer les salariés selon des quotas définis à l’avance. Tant de salariés seront bien notés et tant de salarié seront mal notés. Il n’y a pas moyen de déroger à la règle du jeu, tous les salariés devront être classés dans l’une ou l’autre des catégories…
Et c’est bien là où le bât blesse : le classement est forcé et devient vite inique !
Si vous avez 100 salariés et obligation d’en classer 50 en « bons » et 50 en « mauvais » vous pouvez être amené à classer des salariés « bons » en « mauvais » alors qu’ils ne le méritent pas…

Ce système de classement des salariés a été jugé illégal en France – contentieux CGT/AIRBUS -  et facteur d’un stress continu pour les salariés.
Ce système nous vient des Etats-Unis, où une  entreprise américaine sur cinq  pratique le forced ranking, après avoir suivie l’exemple de General Electric et de son dirigeant Jack Welch. 
Avec l’appui d’une « courbe de vitalité », semblable en tout point à une courbe de Gauss, permettant de classer les collaborateurs en 3 catégories (les 20% de « meilleurs », les 70% de « bons »,  les « à-jeter » car étant dans les 10% des moins-bons), chaque directeur se devait de répartir ses cadres selon les pourcentages définis, instaurant le « rank and yank » (classer et virer) comme une bonne méthode managériale de gestion des effectifs et des compétences.
L’idée de Jack Welch était claire : ne conserver que le gratin, s’entourer des collaborateurs aux performances les plus impressionnantes et tirer l’entreprise toujours plus vers le haut.
Encore une fois, ce type d’évaluation fait l’impasse sur le stress phénoménal qu’il peut générer en se bornant à faire l’apologie de la toute-puissance de la compétition et du culte de la performance.

Quid des directeurs forcés de « liquider » des collaborateurs par un classement contestable ? Ils n’ont pas intérêt à se rebiffer et à remettre le système en question sous peine de se voir classer… dans les 10% des « à-jeter » ! 
“Rank and yank”, on vous dit !

Je tiens tout de même à apporter une précision sur le ranking. 
Si le forced ranking est condamnable, il n’en va pas de même du ranking. 
La loi autorise tout à fait le classement des salariés pour peu qu’il soit effectué en fonction des performances et des compétences individuelles… ce qui est donc une toute autre histoire !

Pour conclure, il me semble juste de rappeler que les entreprises ont besoin de la performance de leurs salariés pour survivre.
Or, ceux-ci ne seront réellement et durablement performants que collectivement. 
Les « divas » de service, même si elles ont des résultats époustouflants  individuellement finissent toujours par pourrir une ambiance de travail et par baisser le niveau collectif. A force de tout faire pour faire être au top, au firmament, y compris écraser les autres,  elles nuisent à la puissance du collectif et à sa capacité de mobilisation… C’est ce type de comportement et de personnalité que le forced ranking  et le benchmark risquent de privilégier.

Plutôt que de transformer les entreprises en arènes de boxe sauvage ou seul survivra le plus féroce, réhabilitons les équipes vivantes, celles où on prend plaisir à être présent, à travailler ensemble, celles où se croisent des personnalités diverses mais qui s’avèrent riches humainement, celles où le mot « collectif » prend tout son sens, celles enfin où on sait qu’on est embarqué sur le même bateau et que ramer ensemble est la seule vraie force,  surtout dans la même direction…*




Ce type d’approche était conseillé par Peter Drucker qui voyait d’un très mauvais œil la promulgation d’une concurrence farouche intra-entreprise.

Par Sandrine Virbel


mardi 3 décembre 2013

Mon collaboreur a fait une erreur : la technique de questionnement.

mistake

 « Expérience : nom que les hommes donnent à la somme de leurs erreurs. »
Oscar Wilde.


Lors d’un échange sur les meilleures techniques de management, un consultant m’a parlée de celle qu’il utilisait en priorité lorsqu’il s’agissait de réagir à l’erreur manifeste d’un collaborateur.

J’ai eu l’occasion de la mettre en pratique avec satisfaction et elle est devenue la technique que je privilégie.

Il s’agit de la technique de questionnement.

Imaginons un collaborateur qui commet une erreur dans sa mission, erreur qui pourrait avoir de graves conséquences.
La première étape est de faire le distinguo entre l’erreur et la faute.

La faute a une connotation volontaire, comportementale. Le recadrage du collaborateur « hors jeu » est nécessaire avec parfois l’application d’une sanction.

L’erreur est involontaire, elle signe une lacune dans les compétences et réclame une démarche pédagogique de la part du manager.

Mieux vaut reconsidérer les faits « à froid » en prenant de la distance.

L’erreur pour se transformer en fait positif doit être considérée comme une constituante quotidienne dans une société.
Le collaborateur a donc le droit à l’erreur.
Il a aussi le devoir de réfléchir à comment corriger son erreur du mieux possible et trouver des solutions pour que celle-ci ne se reproduise plus. 
L’une des missions du manager est de l’aider dans ce cheminement.
S’il ne donne jamais droit à l’erreur ou réagit de façon négative, il y a un grand risque que les collaborateurs dissimulent à l’avenir les erreurs commises ou qu’ils finissent par se contenter du « minimum syndical ». Exit l’innovation, la progression de l’équipe et des individus…

 La première étape de la technique de questionnement va constituer à faire constater les faits par le collaborateur. Le manager prépare quelques questions dans ce sens sans que cela ne tourne à l’interrogatoire policier. L’objectif est de faire parler le collaborateur pour que tous les points importants viennent de lui. Ainsi, il s’approprie toute la démarche d’analyse et de résolution de l’erreur : il évolue.

Seconde étape : le manager fait prendre conscience des conséquences de l’erreur sur l’entreprise, l’équipe, le collaborateur, lui-même, les clients éventuels. Toujours par le biais de questions. Si le collaborateur reste muet, il faut l’aider à formuler les faits et rien que les faits. Il n’y  a  pas de place pour les justifications et les appréciations personnelles qui pollueraient la compréhension du problème.

Troisième étape : faire rechercher les causes par le collaborateur.

Quatrième étape : faire rechercher la solution aux problème rencontré « Comment aurait-on pu faire ? ».

Cinquième étape : rechercher l’engagement dans l’action « qu’est ce qui va faire que tu vas appliquer cette action ? ».

Sixième étape : reformuler les étapes et les réponses et assurer le collaborateur de notre confiance en lui.

Il est nécessaire qu’en amont le manager ait préparé cette intervention par un relevé exhaustif des faits et qu’il réfléchisse de son côté aux étapes décrites ci-dessus.
L’entretien aura lieu dans un bureau calme, sans témoin, en prévoyant un temps suffisant pour ne pas être pris par d’autres obligations avant la résolution de l’erreur.
15 minutes est un bon laps de temps bien que cela puisse varier selon la complexité du problème.



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lundi 2 décembre 2013

Je stresse, tu stresses, l’entreprise stresse…

 Le stress est un phénomène normal mais à petit niveau et pendant un temps fini.
Chaque individu possède un seuil de résistance qui lui est propre, plus ou moins élevé  et  qui peut être variable selon l’influence de facteurs  externes.
Les individus ne sont pas égaux devant le stress selon le moment où il surgit.
Si le stress démontre que nous sommes capables de nous adapter à notre environnement et donc de réagir naturellement selon un mécanisme de défense humain face à tous les types d’aléas, il peut vite devenir un agresseur aux répercussions physiques et psychiques graves, s’il n’est pas contrôlé.

Le stress coûte cher et pas seulement économiquement…
Au niveau humain, on note une augmentation des accidents du travail, une démotivation qui provoque de l'absentéisme et un turnover  important des salariés, un climat social qui se dégrade et une ambiance morose  au travail
Au niveau de l’entreprise, on constate une difficulté croissante pour maintenir les effectifs nécessaires au bon accomplissement du travail, un manque d’attractivité de l’entreprise qui peine à recruter, une perte de qualité dans la production, un ralentissement de la productivité, des surcoûts financiers liés aux charges de personnel et à la qualité dégradée.


Employeurs et employés, ensemble, vous pouvez repérer les signes d’expression  du  stress et alerter ou agir avant que la situation ne dérape…
Soyez attentifs lorsque vous constatez :

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   Un collaborateur qui semble à bout, les nerfs à fleur de peau. Sa nervosité se lit sur son visage et son corps : tics, tremblements, élocution changée. Il « craque » pour un rien et part dans des réactions nerveuses inappropriées. Un comportement altéré dénonce les attaques de sape du stress. 
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  Un collaborateur qui se déprécie sans cesse, focalise sur des petits riens qui deviennent des montagnes, perd sa concentration, oublie des connaissances bien ancrées chez lui auparavant. Vous ne le reconnaissez plus et il semble lui-même plutôt perdu… Le stress perturbe aussi la sphère émotionnelle et cognitive, modifiant la personnalité de l’individu.
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  Un collaborateur qui cumule les absences, les maladies, les malaises, les accidents de trajets ou de travail. A ce stade, l’intégrité du salarié est déjà bien entamée et le stress atteint une intensité qui le menace fortement.

Que faire, comment faire ?

L’Organisation internationale du travail pointe 3 niveaux d’interventions qui ont fait leurs preuves dans nombre de structures en proie à des manifestations de stress :
1)
    Agir sur l’environnement et les vecteurdu stress.
L’entreprise gagnera à redéfinir son organisation. Les salariés doivent reprendre conscience qu’ils ne sont pas isolés, qu’ils font partie d’une équipe, d’un service et qu’ils y ont un rôle à jouer et leur voix à faire entendre. Management participatif,organisation favorisant la cohésion d’équipe, chacun doit se sentir impliqué et être force de proposition pour améliorer son environnement professionnel.
2)
    Aider l’individu en souffrance.
Dialoguer avec l’individu l’aidera à se sentir pris en compte, soutenu. Qu’est ce qui génère son stress ? Comment s’exprime-t-il ? Pense-t-il parvenir à contrôler les effets du stress et son expression ? Autant d’aspect à évoquer pour mettre le doigt conjointement sur la difficulté de la situation et envisager les moyens de calmer la tension. 
        3) Travailler la relation individu/environnement et porter secours à un collaborateur dont le niveau de stress très élevé nécessite une prise en charge dans les plus brefs délais.

Bien entendu, il n’est pas question de s’improviser psy et l’intervention de professionnels externes est indispensable dans certains cas si aucune ressource n’existe en interne.

Toujours selon  l’Organisation internationale du travail, desprogrammes présentant une approche cognitive et comportementale s’avèrent efficaces.
Issus de la thérapie, ilprocèdent conjointement sur les 3 niveaux définis ci-dessus et agissent sur le processus de restructuration cognitive, d’affirmation de soi et y adjoignent des techniques de relaxation ou d’activités corporelles. 
Si le sujet vous intéresse ou vous concerne, voici des ressources pour aller plus loin :
Site de l’Organisation internationale du travail :
et plus particulièrement :

Le stress dans le monde du travail, article du B.I.T. :

L’ANACT :