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jeudi 30 janvier 2014

Le forum économique de Davos, émergence d'une nouvelle gouvernance mondiale?


Du 22 au 25 Janvier 2014 s’est réunie à Davos, en Suisse, l’élite de l’establishment mondial. Cet événement incontournable de nos jours fut lancé en 1971 par Klaus Schwab dans un contexte économique tourmenté pour familiariser les entreprises européennes avec les pratiques du management américain. Dénommé alors «European Management Symposium», il ne rassemblait que les chefs des grandes entreprises et les économistes de haut niveau avec pour objectif d’établir une culture et des projets communs justifiés par l’augmentation massive des flux internationaux : il ne s’agissait plus seulement de commercer mais d’investir !    
                                                                                     
Le tournant mondial des années 1970 fut marqué par un nouvel âge technologique lié au développement de l’électronique, de l’informatique entraînant la fondation d’un nouveau pouvoir basé sur l’information et visant à influencer plutôt qu’à imposer. 

En 1987 ce haut lieu de rencontres prit le nom de World Economic Forum et s’affirma comme le centre de la globalisation et de l’ultralibéralisme économique, comme un «club de privilégiés, riches et puissants» selon l’expression de Philippe Moreau Defarges.                                                                                                                                                                                       
Le Forum a considérablement évolué depuis! en effet il s’est préoccupé de plus en plus des problèmes planétaires: en 2000 il s’agit de la « Fracture numérique Nord-Sud », en 2001 apparait «l’initiative globale de santé», en 2005 priorité est donnée à l’Afrique, sa pauvreté et son endettement, en 2006 est lancée «l’Initiative globale de la Citoyenneté entrepreneuriale» et Thierry Malleret parle alors « des trois mots clés de Davos » : Partenariat, Sécurité, prospérité.                                                                                                                     
Ainsi au fil du temps le Forum Economique Mondial est devenu l’un des promoteurs de la Responsabilité sociale des Entreprises (Corporate social Responsability) et s’est soucié de l’amélioration de l’état du monde. Vecteur de réelle influence il apparait actuellement comme le passage obligé pour les pays émergents et pauvres désirant attirer les investisseurs occidentaux. Décrié par les altermondialistes, il ne s’apparente pourtant plus à un «club de riches » mais à un lieu de rencontre des nouveaux maitres du monde, à une réunion «d’hommes d’Etat sans Etat » selon le financier Georges Soros. Depuis 2003 il s’est même ouvert aux simples citoyens avec la création de l’Open Forum Davos.                                                                                                                                            
Cette année le Forum a réuni près de 2500 personnes parmi lesquelles la Directrice générale de Yahoo Marissa Mayer sur le thème «la résilience dynamique» autrement dit l’analyse approfondie des disparités criantes des revenus entre particuliers, des déséquilibres budgétaires des gouvernements, des systèmes nationaux de santé et l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Si les travaux se sont achevés sur un constat d’optimisme mesuré pour la perspective économique mondiale selon Christine Lagarde, Directrice du FMI, »l’Europe n’est pas encore de retour » selon Axel Weber ancien membre du Directoire de la BCE et actuel président de l’UBS et la volatilité des monnaies des pays émergents est inquiétante selon Larry Fink ,patron de Black Rock, le plus grand gestionnaire d’actifs au monde.

Copyright. Jeannick Odier .Janvier 2014

mercredi 18 décembre 2013

La concurrence et les entreprises en Europe



Depuis le le 18ème siècle le libéralisme imprègne la doctrine économique européenne
car la liberté du commerce est perçue comme un bien et son corollaire est la liberté de
la concurrence.
De nombreux économistes l'estiment bénéfique pour l'économie générale car elle constitue
un instrument de politique anti-inflationniste du fait que les entreprises doivent fournir le
meilleur produit au meilleur prix et que les consommateurs tirent aussi profit de cette libre
concurrence conduisant inévitablement aux prix les plus bas.

Cependant elle comporte deux inconvénients majeurs: d'une part l'entreprise la plus
compétitive élimine ses adversaires et peut dicter sa loi à ses concurrents comme aux
consommateurs et d'autre part les accroissements de productivité exigés par la concurrence
entraînent bien souvent des suppressions d'emploi.

Dès 1958 l'une des actions prévues pour accompagner la construction communautaire a été
l'établissement d'un régime assurant que la concurrence n'est pas faussée.La politique de
concurrence est l'une des plus anciennes des politiques communautaires avec la politique
agricole commune et c'est également celle qui a le plus évolué au fil des élargissements
successifs car l'Union européenne a imposé aux pays candidats le modèle de l'économie de
marché.En outre,les nouvelles technologies et l'avènement d'une société de l'information ont
contribué à renforcer son importance car elle est devenue une politique «exclusive» de
l'Union.

Si les États-membres ont l'obligation de respecter l'application des règles communautaires
de concurrence, la Commission européenne a la responsabilité de veiller à son bon
fonctionnement et à ce titre elle exerce des pouvoirs d’enquête,statue sur le comportement
des entreprises et les sanctionne en cas d'infraction par des amendes qui confirmées la
plupart du temps par la Cour de justice de l'Union européenne, peuvent atteindre des
montants considérables(899 Millions d'euros pour Microsoft et 1,47Milliard d'euros pour le
Cartel des tubes cathodiques). 

Au regard des institutions communautaires actuelles la concurrence «non faussée» est la
concurrence efficace ou effective (workable competition) permettant l'édification d'un réel
marché intérieur sur le territoire de l'Union. C'est pourquoi sont interdites les restrictions de
concurrence et donc «tout accord ayant pour effet d’empêcher, de restreindre ou de fausser
la concurrence» (article 101 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne).
Elle est empêchée quand elle est totalement éliminée par les entreprises (ententes sur les
prix ou sur la répartition des marchés),elle est restreinte lorsqu'elle existe mais de façon
réduite(opérations de fusion ou de rachat d'une entreprise par une autre) et enfin elle est
faussée quand les entreprises sont placées dans des conditions inégales du fait d'un accord
de distribution.

La concurrence est essentielle pour promouvoir le progrès économique en créant un climat
propice aux innovations permettant l'amélioration de la production, de la distribution et des
services,de la réduction des coûts et des prix grâce aux gains de productivité.Il conviendra
cependant aux États de veiller à en atténuer certains effets négatifs sur l'emploi en adoptant
des mesures appropriées et protectrices.

Jeannick Odier

mercredi 23 octobre 2013

Cet homme a réalisé une imprimante 3D à 100$




Kodjo Afate Gnikou a fabriqué une imprimante 3D en récupérant des composants de scanners, ordinateurs, imprimantes cassés. Coût du projet : 100 $.
Du coup, l'action est aussi écologique qu'économique. Vive le recyclage !



Vous pouvez encourager Kodjo en finançant le projet sur le site Ulule :




lundi 21 octobre 2013

La BEI et la BPIFrance s'accordent pour financer les PME innovantes



Le 25 septembre 2013 la Banque européenne d’investissement et la Banque publique d’investissement France ont signé un contrat de financement destiné aux PME innovantes de moins de 250 salariés et aux entreprises de taille intermédiaire de moins de 3000 employés. 
Ainsi 750 millions d’euros et une enveloppe de garantie de 200 millions ont été mis à disposition de la BPI trois mois après les assises européennes du financement des entreprises, ce qui est la concrétisation d’une volonté de relance de la croissance et de l’emploi dans l’hexagone. 
Il convient de préciser que « l’Initiative Innovation 2010 » de la BEI fait suite à la « Stratégie de Lisbonne » lancée par le Conseil européen et vise à financer sur le territoire de l’Union européenne la mise en place d’une économie compétitive fondée sur la connaissance, capable de susciter une croissance durable et la création d’emplois. 
Rappelons que le groupe BEI (composé de la banque elle-même et du Fonds européen d’investissement) ne recourt pas au budget de l’Union mais emprunte des fonds sur les marchés financiers, ce qui lui est facile avec un rating A+. 
Son action concerne le territoire européen à 90% ,le restant est dévolu aux Pays voisins et aux Pays en développement. 
En dehors de l’Initiative Innovation 2010, la BEI finance les projets viables relatifs à la cohésion, le soutien aux PME, la viabilité environnementale, le développement des réseaux transeuropéens d’énergie et de transport, l’énergie durable, compétitive et fiable. Elle accorde des prêts (grandes entreprises, PME, Administrations locales), des garanties (Banques, sociétés de crédit bail, Fonds mutuels), de l’assistance technique (économistes, ingénieurs) et du capital-risque. 
Toutefois, malgré l’aspect positif indéniable de ce contrat favorisant le potentiel de croissance de la France dont l’économie est plongée dans une crise profonde, il convient de ne pas masquer certaines réalités et notamment la fragmentation du marché européen du crédit. 
En effet Werner Hoyer, le nouveau Président de la BEI a mis en exergue le fait que les taux d’emprunt très différents que les PME doivent accepter selon leur pays d’origine constitue un réel obstacle au bon fonctionnement de l’économie européenne. 
Pour Nicolas Dufourcq, Président de la BPI, le vrai problème réside dans la confiance des entreprises qui actuellement ne sollicitent pas assez cette banque. 
Francis Roubaud, Président de la CGPME estime pour sa part que ce n’est pas tant le cout du financement mais plutôt la difficulté à l’obtenir car actuellement un quart des entreprises rencontrent de vraies difficultés de trésorerie.

(C) Jeannick Odier